10 septembre 2025

Médicaments devenus stupéfiants, les amphétamines sont encore beaucoup consommées

Les amphétamines entraînent toutes une dépendance psychique et physique qui expliquent leur classement comme stupéfiant. Elles entrainent des effets psychiques correspondant à un syndrome maniaque artificiel, et des effets secondaires graves.

Les amphétamines se présentent sous forme de comprimés, de poudre blanche ou de cristaux parfois conditionnés en gélules. Elles sont le plus souvent ingérées par voie orale mais peuvent aussi être prisées (sniffées), fumées et injectées par voie intraveineuse.

Vendues sans ordonnance jusqu'en 1955, elles ont été classées en France comme substances stupéfiantes en 1967. Ensuite, les ordonnances de complaisance ont permis la poursuite de la consommation.
Le produit a été et est encore parfois prescrit dans les troubles de déficit de l'attention avec hyperactivité chez l'enfant (TDAH), dans certains cas d'obésité (Médiator..) comme anorexigène (coupe-faim), de sevrage tabagique, comme brochodilatateur (problèmes respiratoires)..

Les militaires 
Pendant la seconde guerre mondiale, elles sont utilisées par toutes les puissances belligérantes à des fins militaires, pour éviter l'interruption des combats la nuit.  

L'ecstasy
Des amphétamines, sous forme de comprimés d'ecstasy (aussi appelée MDMA pour "méthylène-dioxy-3,4-méthamphetamine"). Diffusé sous forme de comprimés contenant entre 1 et 200 mg de MDMA mais aussi d'autres produits psychotropes, cet usage occasionnel entraînerait une toxicité neuronale par atteinte de la régulation de la sérotonine. A dose moyenne (inférieures à 150 mg), ses propriétés sont celles des amphétamines ; à forte dose, ses effets sont proches des hallucinogènes.

La métamphétamine
Egalement appelée "speed" ou "ice", ou "crystal meth" par sa présentation en cristaux, est un dérivé très addictogène des amphétamines.

Le khat
Le khat (Catha edulis), plante originaire des régions montagneuses du sud de la Mer Rouge (Ethiopie, Erythrée, Djibouti, Yémen) contient dans ses feuilles fraîches de la cathinone, qui est une amphétamine naturelle.

Les amphétamines trompent les récepteurs du cerveau pour créer une impression de bien-être

Les amphétamines sont des "agonistes sympathomimétiques indirects" dérivés des phenyléthylamines : elles stimulent le système de l'adrénaline (inhibition de la MAO, la monoamine oxydase) qui contrôle notamment le cœur, les artères ainsi que de nombreuses autres fonctions biologiques essentielles.

Sur le plan physique, les amphétamines accélèrent le cœur , provoquent des troubles du rythme cardiaque et une hypertension artérielle majorée par l'effet de contraction des artères (vasoconstriction).
Elles accélèrent la respiration et entraînent une dilatation des bronches .

Parmi les symptômes notables, on constate :
Augmentation de la température corporelle
Dilatation des pupilles
Sécheresse de la bouche
Douleurs musculaires
Crispation de la mâchoire

Elles abolissent la sensation de fatigue, et donc stimulent l'éveil et réduisent la durée du sommeil, provoquent une euphorie, une désinhibition et une stimulation psychomotrice (le "rush") pour laquelle les patients présentent une dépendance psychique : sensation de surestimation par l'usager. 

Elle est suivie d'un contrecoup dépressif (ou descente) durant environ 8 heures, avec pour principaux symptômes :
Tremblements, maux de tête, Irritabilité,, crises d'angoisse, sentiment de lassitude, épuisement mais insomnie paradoxale, perte des initiatives.
Contrairement à la phase précédente, les activités intellectuelles semblent impossibles et un sentiment de dévalorisation s'installe.

La dépendance psychique peut entraîner une insomnie (souvent compensée par une automédication par des somnifères plus ou moins addictifs eux-mêmes), des troubles du jugement, une hyperactivité maniaque (cf. fiche Manie) voire des troubles délirants (paranoïa), une irritabilité et parfois une agressivité s'exprimant par des passages à l'acte agressifs.

La toxicité des amphétamines ne dépend pas toujours de la dose ingérée, et des accidents ont été observés pour des consommations de doses faibles notamment par le déclenchement de troubles du rythme cardiaque.

L'hyperthermie apparaît après une première phase de transpiration très importante, avec agitation, oscillation de la pression artérielle, et accélération du cœur environ 5h après la prise du produit (notamment l'ecstasy).

La consommation au long cours (plus de trois mois) peut entraîner, même après l'arrêt du produit, une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP primitive grave, dont l'apparition peut être annoncée par un essoufflement majoré à l'effort). Elle peut aussi déclencher des valvulopathies (des anomalies des valves cardiaques), et une hypertension artérielle. La contraction des artères et l'accélération du cœur augmente les risques d'infarctus du myocarde.

L'intoxication aigue (ou surdose, ou overdose en anglais) se manifeste, sur le plan psychique, (comme pour la cocaïne) par une hyperactivité désordonnée (maniaque), une désorientation temporo-spatiale (confusion), une forte angoisse et parfois des hallucinations.

https://sante.lefigaro.fr/mieux-etre/tabac-alcool-drogues/amphetamines/quest-ce-que-cest

Affaire Médiator* :
Le rapport (de l'IGAS) cite une étude de 1974 financée par Servier, qui conclut aux effets anorexigènes puissants du benfluorex. Menée sur des rats, l’expérience a été stoppée au bout de 35 jours tant les rongeurs avaient maigri et étaient affaiblis.
Son nom même, attribué par l’OMS en 1971, indique qu’il s’agit d’un anorexigène : c’est ce qu’indique le suffixe «-orex» ». Servier tente de le faire supprimer, révèle le rapport de l’Igas.
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/mediator-l-enfant-cache-de-l-amphetamine_18766

* Affaire Médiator :
https://informationetluttecontrelesabus.blogspot.com/2024/06/affaire-mediator-le-proces-du.html

L'Ecstasy
"La MDMA commence à agir 30 à 40 minutes après son ingestion ; elle provoque d’abord une légère euphorie, qui va en s’amplifiant. Elle a principalement pour effet d’exacerber les sensations (effet entactogène) et de faciliter l’accès aux émotions d’autres personnes (effet empathogène)"
"La MDMA et ses métabolites peuvent être décelés pendant 24 heures dans le sérum sanguin, jusqu’à trois jours dans l’urine et plusieurs mois dans les cheveux."
https://www.addictionsuisse.ch/faits-et-chiffres/autres-substances-illegales/mdma-ecstasy/mdma-ecstasy-effets-risques/