Ils sont dix. Dix anciens scouts, devenus adultes, à être venus témoigner à la barre. L'enquête recense 35 victimes de celui qui était à l'époque appelé le père Preynat. Les délais de prescription sont passés par là, et les viols et les agressions sexuelles les plus anciens n'ont aujourd'hui plus aucune valeur légale. C'était tout le sens de la phrase qu'avait laissé échapper le cardinal Barbarin en 2016 au début de l'affaire : « Grâce à Dieu, la majorité des faits sont prescrits ».
Anthony Gourd, victime du père Preynat entre 1987 et 1990 raconte, pendant de longues minutes son calvaire d'enfant et les séquelles que celui-ci a laissées, au plus profond de lui-même. Comme ses crises d’épilepsie post-traumatiques depuis ses 17 ans."
Alors vicaire-aumônier scout, Bernard Preynat faisait à l'époque l'admiration des parents du diocèse qui lui confiaient leurs enfants, dans sa paroisse ou lors de camps à l'étranger. Ce n'est qu'en 2015 que plusieurs anciens scouts ont brisé l'omerta et accusé Preynat devant la justice.
Bernard Preynat affirme qu'il ne se rendait pas compte à l'époque de la gravité de ses actes. « J'avais le sentiment que les enfants étaient presque complices », avance-t-il. « Comme tous les pédophiles », lui rétorque la procureure."
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