08 septembre 2025

France : des enfants envoyés dans des établissements de santé par le système social étaient victimes de maltraitance grave..

Établissement L'enfant roi à Hendaye 

Des enfants de familles en difficulté économique ont été envoyés par leur médecin traitant et / ou les services sociaux dans des établissements de santé pour des séjours souvent longs voire très longs pour soi-disant les soigner. Les diagnostics parfois abusifs parlaient de tuberculose, de rachitisme, d'asthme.. Le personnel en majorité non qualifié se livrait à des brutalités extrêmes en toute impunité. Plusieurs enfants sont morts de ces maltraitances sans que la justice ne s'en soucie : absence de preuve, indulgence, non-lieu..

Une journaliste sollicitée enquête, Fanny Marlier.

"Ses recherches la mènent sur un blog géré par Christophe Gorski, un ancien pensionnaire de L’Enfant roi. Elle y découvre des dizaines de témoignages relatant des faits de violences physiques et morales. D’anciens pensionnaires mentionnent d’autres établissements du même type. Beaucoup se trouvent au Pays basque – sont cités Le Nid marin et Bilkua, à Hendaye, ou la Fondation Emmanuel Mendelssohn, à Biarritz –, mais il en existe partout en France"

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/03/11/a-hendaye-le-passe-sombre-du-pensionnat-l-enfant-roi-refait-surface_6579258_4500055.html

"Piqûres au sel, coups de balai, cures de silence… Dans les anciens pensionnats sanitaires, des récits enfouis de violence"

"Ils s’appelaient centres héliomarins, aériums ou préventoriums : dans les années 50 jusqu’aux années 80, des pensionnats sanitaires accueillaient des enfants pour des cures au grand air. Le livre-enquête d’une journaliste indépendante révèle que de nombreux mineurs y ont subi des violences sous couvert de soins médicaux, loin du regard de leurs parents."

"Elle avait 9 ans. Cette année-là, le médecin de famille lui prescrit un séjour en centre héliomarin pour des motifs encore obscurs. Entre les années 50 et 80, des centaines d’enfants sont envoyés dans l’établissement hendayais financé par la Sécurité sociale, héritier de la lutte contre la tuberculose. D’autres centres, ailleurs en France, fonctionnent sur un modèle similaire. Autorisés par l’Etat à enfermer des enfants mineurs, hors de tout contrôle, sous couvert de les soigner, ils sont le plus souvent situés sur le littoral ou en montagne. A l’abri des regards, des pensionnaires âgés de 2 à 12 ans y subiront des violences, aussi bien sur le plan physique que psychique."
https://www.liberation.fr/societe/education/piqures-au-sel-coups-de-balai-cures-de-silence-dans-les-anciens-pensionnats-sanitaires-des-recits-enfouis-de-violence-20250509_3VEMPLHDEFGAROND2GJCI5UKMY

Certains enfants étaient handicapés, d'ailleurs un certain nombre de ces centres s'est reconverti dans l'accueil des handicapés.

En Corrèze : le glandier
"Le quotidien Le Petit Parisien, indique dans son édition du 07 octobre 1922 : « le nouveau sanatorium du Glandier installée dans un ancien couvent de Chartreux …//… a été inauguré, hier par Monsieur Paul Strauss, ministre de l'hygiène. »
De nombreuses personnalités de l'époque étaient présentes lors de l'inauguration, y compris celle de Henri Queuille, futur Président du Conseil en 1951, à l'époque, simple député de la Corrèze."
"Au début de son fonctionnement, à la suite d'un reportage effectué par les services cinématographiques de Gaumont-Pathé, on sait que le sanatorium public du Glandier est équipé de façon moderne et qu'il se présente sous la forme d'un « centre de cure et de réadaptation physique et morale au travail pour les jeunes femmes et les jeunes filles de plus de 15 ans, convalescentes de la tuberculose… [et un] préventorium pour les fillettes âgées de 5 à 15 ans. » 
Les cahiers du CEDIAS, édités par le Musée social dans sa parution de février 1975 (manuel de placement) indique que le « Centre psychothérapique de Glandier-Troche » accueille des enfants (filles et garçons) âgés de 4 à 16 (et jusqu'à 18 ans et plus « si débiles profonds ») issus de la Corrèze et de la région Parisienne pour un effectif total de 204 lits. La brochure indique également la présence de chambres à plusieurs lits et de dortoirs."

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chartreuse_de_Glandier

Sanatorium Pé-Martin, dit préventorium d'Arbonne, aujourd'hui foyer de vie pour adultes handicapés
"Marguerite Javal, alors secrétaire générale du Secours d’urgence, proposa de transformer les baraquements en préventorium provisoire. Le 18 mai 1921, l’établissement héliomarin d'Arbonne fut reconnu d’utilité publique. D'après la presse locale, l’inauguration du préventorium eu lieu le 8 septembre 1922 avec la participation de Paul Strauss, ministre de l’Hygiène, Fernand Laudet, diplomate, le Maire de Biarritz et le Préfet des Basses-Pyrénées. Le préventorium pouvait accueillir une centaine d’enfants « affaiblis », des jeunes filles de 8 à 16 ans non atteintes de la tuberculose pulmonaire."
"Le préventorium était présidé par une commission médicale comportant les professeurs Bernard et Calmette. Le service médical était assuré par le Docteur Peyret, directeur du sanatorium des Embruns et par le docteur Mercier des Rochettes. L'équipe médicale comportait plusieurs spécialistes : radiologue, otologiste, ophtalmologue et dentiste. La propriété de 50 hectares comprenait des prairies, des bois, une ferme et des cultures. Sa capacité d'accueil s'élevait de 225 à 260 pensionnaires de 6 à 16 ans."
"Durant les années 1960, l'équipe de soignants comptait six médecins, dont le Docteur Aufaure, médecin-chef du centre hélio-marin Les Embruns, trois infirmières, trois auxiliaires médicales et 25 encadrants. En 1961, le centre ouvrit le pavillon dit des "tout-petits" consacré aux enfants de 15 mois à 4 ans. En juillet 1964, le centre accueillait 190 enfants dont 24 tout petits (filles de 4 à 14 ans et garçons de 4 à 6 ans)."

https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/86b9fc64-2bd7-441a-be91-bd915fbe9e96/sanatorium-pe-martin-dit-preventorium-d-arbonne-aujourd-hui-foyer-de-vie-pour-adultes-handicapes

Domaine d'Ilbarritz : 
"Après la seconde Guerre Mondiale, la Roseraie fut achetée et gérée par la Caisse Autonome 
Nationale de la Sécurité Sociale des Mines."
"On y accueillait des enfants de 6 à 14 ans permanents en aérium sur prescription médicale ou 
venant en colonie de vacances.
Le séjour des enfants permanents était de 3 à 6 mois renouvelable, lorsque le maintien de 
l'enfant restait impossible dans son domicile du fait de la malade de l'un des parents voire des 
deux parents."

"Les récits des anciens pensionnaires, s'étendant des années 1950 à 1980, présentent des récurrences manifestes. (...) Durant 30 ans, partout en France, le plus souvent au bord de la mer ou à la montagne, des milliers d'enfants furent envoyés à des centaines de kilomètres de chez eux dans des lieux à l'abri des regards. Je me demande s'ils n'ont pas été victimes d'un ciblage social. Le plus souvent, elles et ils viennent de familles ouvrières, agricoles ou monoparentales. La promesse de soins médicaux permet de gagner la confiance des familles. (...)
Derrière ce vernis de sollicitude, un cynique modèle financier émerge. (...) Des assistantes sociales, diplômées cette fois, monnayent carrément leurs services."

"Éliane dL est stagiaire à l'enfant roi (Hendaye) depuis près d'un an. (...) Elle se remémore avoir un jour surpris une monitrice en train de tartiner du pain d'excréments avant de le faire manger à un enfant autiste. Éliane l'a dénoncée à la direction."
Avant elle, point de dénonciation.. le directeur couvrait les agissements de son personnel en toute circonstance.

"Danielle DS n'a pas non plus oublié les humiliations que faisait subir le personnel aux enfants. (...) Dans le groupe des filles, si l'une d'elles a le malheur de chuchoter avec une camarade durant le repas, elle est contrainte de se lever, de baisser sa culotte, de lever sa jupe et de tourner."

Les enfants ne peuvent pas se plaindre à leur famille qu'ils ne voient que rarement, sous surveillance. Les courriers sont interceptés, lus et donnent lieu à représailles. Des nouvelles sont données aux parents par le personnel qui donnent l'illusion que les enfants profitent de leur séjour pour s'amuser, se baigner, entourés d'un personnel bienveillant.

Robert Debré 
"De 1946 à 1964, Robert Debré est le président de l'Institut national d'hygiène[N 2], se mobilisant pour le renouveau et l'essor d'une politique d'hygiène et de santé publique en France. Il a été président de l'Union française pour le sauvetage de l'enfance en 1955." Il a "travaillé pour 
l'Institut national de la santé et de la recherche médicale"

"Robert Debré est le père de :
Michel Debré (1912-1996), Premier ministre du général de Gaulle"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Debr%C3%A9#:~:text=De%201946%20%C3%A0%201964%2C%20Robert,l'arch%C3%A9type%20du%20grand%20mandarin