Canada : "Jusqu’en 1996, le pays a arraché à leurs familles des enfants amérindiens pour les conduire dans des institutions religieuses. Beaucoup y ont subi des violences, y compris sexuelles, 6 000 en sont morts."
"Richard Kistabish a 6 ans en 1955, lorsqu’il arrive au pensionnat autochtone qui vient d’ouvrir ses portes à Saint-Marc-de-Figuery, une minuscule commune en Abitibi-Témiscamingue située à près de 600 kilomètres au nord de #Montréal, aux confins du Grand Nord québécois. Ses parents ne sont jamais venus le rechercher. Il restera dix ans dans cette école, où il a « désappris » à être lui-même."
https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/11/19/tuer-l-indien-au-c-ur-de-l-enfant-au-canada-les-pensionnats-de-l-horreur_6102637_4500055.html
"On les obligeait à ne plus parler leur langue maternelle, parfois à se laver la peau à l'eau de Javel pour qu'elle blanchisse. Après huit ans d'enquête et de recueil de 7 000 témoignages de survivants, le rapport de la Commission de vérité et réconciliation a été publié en 2015, donnant lieu à des excuses publiques du gouvernement pour ce "génocide culturel", des compensations financières, des programmes de thérapie."
"Roméo Saganash, ancien pensionnaire à La Tuque, Indien Cri, dans "Appel d'air" en 2002 sur France Culture : “J'ai toujours en mémoire la durée de ce voyage parce que nous sommes arrivés durant la nuit à La Tuque, on nous a amenés dans le pensionnat. Les enfants de 5, 6, 7 ans pleuraient. Et pendant les deux premières semaines, tous les soirs, j'entendais les enfants pleurer toute la nuit. La seule langue que je parlais à l'époque, c'était ma langue maternelle, le cri. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Les deux premières années, j'ai refusé de parler à qui que ce soit. Les gens qui travaillaient dans ces pensionnats comprenaient très vite qu'ils étaient dans une situation de contrôle absolu des âmes perdues que nous étions. Des abus sexuels, physiques, des violences s'en sont suivis, parfois même des meurtres dans certains pensionnats. J’ai compris qu’on m’avait arraché à mes parents et à mon chez moi, qui était la forêt. Et c’est pour ça que j’étais en colère."
Richard Kistabish, ancien pensionnaire d'Amos, Algonquin Abitibiwinni, en 2016 pour le Magazine de la rédaction, au micro de Sarah Maquet : "Moi, je suis resté 10 ans. Et on était divisés en groupes de grandeur, de grosseur. Moi j'avais 6 ans, donc j'étais placé dans les petits. On a été déshabillés complètement. On se faisait laver par de l'eau qui sortait des murs. Il fallait être tout nu. On a eu beaucoup de mal à comprendre l’eau du mur. Et aussi à un moment donné, on avait faim. Ça, ça a été épouvantable comme apprentissage. Il y en a plusieurs qui sont tombés malades à cause qu'ils avaient faim. On a vu nos familles une fois de temps en temps. Mais j'ai fini par ne plus entrer en contact avec ma famille. Je ne parlais plus. Parce que chaque fois que tu utilisais ta langue, c'était défendu, donc tu ne pouvais pas parler avec tes parents dans ta langue, il fallait que tu parles en français."
JIMMY PAPATIE, Ancien pensionnaire d'Amos, Algonquin de Kitcisakik en 2016, pour le Magazine de la rédaction, au micro de Sarah Maquet : (...) "Je suis entré là en 1969. Il fallait adopter les coutumes des Européens. On priait peut-être en moyenne sept fois par jour. Si on ne prononçait pas les mots, là on était violentés physiquement, on se faisait taper les doigts. On se faisait frapper avec des ceintures ou avec des petites matraques. Il fallait avoir honte de ce que l'on était. Je pense que le trauma qui m’a le plus déstabilisé, c'est d'avoir connu un abus sexuel de la part d'un prêtre. J'avais juste 5 ans. Commencé à boire à 11-12 ans, commencé à prendre des drogues dures à 14-16 ans. Je vis avec des fantômes qui dérangent toute ma vie."
Un ancien pensionnaire, au micro d'Anne Pastor pour France Inter, en 2018 : "Parfois, il y a des surveillants qui venaient nous réveiller pour aller à la messe. Il venait nous réveiller, et il mettait tout le temps sa main dans nos parties pour nous réveiller. Quasiment chaque matin." "
https://www.radiofrance.fr/franceculture/tuer-l-indien-dans-l-enfant-d-anciens-pensionnaires-canadiens-temoignent-3073573
"Johnny Wylde, qui dirige un groupe de survivants du pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery, a reçu de nombreux coups de fil de personnes en détresse. « Il y a des familles qui n’ont jamais revu leur enfant. »
Fermé en 1973, puis plus tard démoli, l’ancien pensionnat a aujourd’hui fait place à un site où se trouve une stèle commémorative installée par la communauté autochtone."
"Pierre Papatie a lui aussi été plusieurs fois agressé sexuellement au pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery. « Un frère m’emmenait dans une petite pièce près des douches. Je ne comprenais pas ce qu’il faisait. Encore aujourd’hui, je suis incapable d’être dans une petite pièce, il faut que je sorte. » (...) "Après, il m’a montré une bible. Il m’a dit que parler contre un prêtre, ça allait m’envoyer en enfer. Moi, je l’ai cru. Je lui faisais confiance. J’avais peur." Jeffrey Papatie. Son agresseur, dit-il, était un prêtre du nom d’Edmond Brouillard. En 1996, Edmond Brouillard a été condamné à cinq ans de prison pour avoir agressé sexuellement six enfants dans des communautés anishnabe en Abitibi."
https://www.lapresse.ca/actualites/2021-06-21/pensionnat-de-saint-marc-de-figuery/il-faut-fouiller-ici.php
Vidéo "Résumé:Les Oblats de Marie-Immaculée fondèrent après 1955 avec la collaboration du gouvernement canadien le pensionnat indien d'Amos"
https://search.worldcat.org/fr/title/pensionnat-indien-damos-a-st-marc-de-figuery/oclc/154118676
Oblats de Marie Immaculée.
"Les Oblats ont joué un rôle important dans la colonisation des Premières Nations et dans l'implantation des réserves Autochtones. Ils ont créé et administré 48 pensionnats autochtones au Canada où plusieurs enfants ont été victimes de graves sévices sexuels, physiques et psychologiques et où plusieurs d'entre eux ont également perdu la vie faute de soins appropriés. En 2018, les Oblats de Marie-Immaculée n'ont toujours pas présenté d'excuses aux Autochtones à qui ils ont fait subir ces sévices. Ils sont même toujours propriétaires de certaines terres appartenant en fait aux Autochtones, de qui ces derniers ont peine à réclamer ce qui leur est dû."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblats_de_Marie-Immacul%C3%A9-en-bleu