03 avril 2026

France : Thierry Marchal-Beck, du Mouvement des Jeunes Socialistes, profitait de son pouvoir auprès des jeunes militantes pour abuser d'elles

 



#France - 2017 - "Pour Mathilde M., il est «de notoriété quasi publique [qu'un] ancien président est un agresseur multirécidiviste». Lisant clair entre les lignes, la petite assemblée applaudit. Lourde, la charge est surtout limpide. Elle vise Thierry Marchal-Beck, qui a présidé le MJS de 2011 à 2013."

"pour certaines militantes, qui témoignent aujourd'hui dans Libération, ces relations n'avaient rien de consenti et relèvent de l'acte délictuel. Comment un mouvement progressiste, féministe, prônant le respect de l'autre et la défense des plus faibles a-t-il pu occulter pendant des années les agissements de l'un des siens en totale contradiction avec ses valeurs ?"

"Le MJS est un mouvement très personnifié. Il existe principalement à travers son président et non par ses fédérations locales. D'où une surprotection de la personne qui dirige l'organisation, quelle qu'elle soit. «S'attaquer au président, c'est s'attaquer au MJS», schématise un ex-salarié du mouvement."

"Thierry Marchal-Beck a été un grand président féministe du MJS. Capable d'entamer une réunion en lisant la liste des personnes inscrites pour prendre la parole et de piquer une colère s'il n'y avait qu'une femme et 14 hommes. Encourageant ses militants à rejoindre l'association Osez le féminisme ou rappelant les règles sur le consentement sexuel dans le bus roulant vers un congrès ou un rassemblement de jeunes socialistes européens."

"C'est pourtant le même qui, lors d'un camp d'été en Croatie en 2012, avait mis en place un jeu avec certains de ses proches. Une sorte de permis de baiser à points. «Vous couchiez avec un militant, c'était tant de points. Un cadre, c'était plus, un militant étranger plus et le président c'était bingo, rapporte une participante, revenue choquée de Savudrija. Il utilisait son pouvoir de président : vous couchiez, vous montiez dans les instances, c'était le deal.» Pour l'une des huit #victimes, «on dit souvent au MJS que nous sommes un laboratoire pour l'avenir. Force est de constater que la jeunesse n'est pas épargnée dans la reproduction des saloperies que peuvent commettre nos aînés».
Dans cette ambiance mêlant en permanence sexe et politique, la campagne de communication «Socialiste parce que féministe» pendant la présidentielle de 2012 apparaît comme l'hypocrisie ultime. «Vous êtes supposés vous battre pour ces valeurs d'égalité, de féminisme, et vous voyez que non seulement elles ne sont pas appliquées mais qu'elles sont foulées au pied."

Quelques semaines avant le congrès de #Strasbourg qui doit introniser Thierry Marchal-Beck en novembre 2011, trois femmes sonnent le tocsin, rencontrant ensemble un membre de la direction du mouvement (...) Le MJS envoie une de ses cadres rencontrer Anouck J., qui a maille à partir avec le futur président. Mais sans le savoir, la direction va désigner pour cette mission une femme qui a elle-même eu affaire à TMB quelques mois plus tôt… «Comment j'ai pu faire ça alors que ça m'était arrivé à moi, je ne sais pas, raconte cette dernière à Libération. J'ai mis un très grand mouchoir sur ce qui m'était arrivé. Je m'entends encore lui dire : "C'est mauvais pour toi, il va être président."»

"Sur le papier, le MJS est du côté des femmes mais c'est aussi une organisation rompue aux manœuvres et aux coups bas. Déjà peu enclins à voir dans leur camarade un agresseur de femmes, les dirigeants ont tendance à ranger un peu facilement ces alertes dans la catégorie instrumentalisation politique."

https://www.liberation.fr/france/2017/11/14/au-mjs-des-annees-d-omerta-et-de-duplicite_1610116/

"Huit femmes brisent la loi du silence et accusent un ancien président des Jeunes Socialistes d’agressions sexuelles. Un comportement répété entre 2010 et 2014, et que beaucoup de cadres connaissaient. 
Elles veulent parler. Porter à la connaissance de tous ce qui leur est arrivé entre 2010 et 2014.
Mais, d'une part, certaines sont toujours membres du MJS et, d'autre part, dans de nombreux cas, les faits sont prescrits. C'est pourquoi Libération a décidé de raconter ce qu'elles ont vécu sous des prénoms d'emprunt. Pendant plusieurs semaines, notre enquête a consisté à retrouver le maximum de témoins autour d'elles. Pour recouper et solidifier leurs paroles. Même en «off»."

"Toutes ont été militantes ou cadres du MJS. Quelques-unes le sont encore, à Paris ou en province. Pour certaines d'entre elles - une minorité -, cela a commencé par des relations sexuelles consenties avec celui que la planète socialiste appelle «TMB». Jusqu'au jour où il a dérapé."

"Après des années de militantisme à l'Union nationale lycéenne (UNL) et au MJS, Thierry Marchal-Beck est entré dans l'équipe de direction de l'organisation de jeunesse, où il est chargé du projet et des relations extérieures. Il vit donc à Paris."

"«J'apprends par des camarades bienveillants que le futur président se répand sur mon état psychologique supposé instable dans les instances nationales, relate l'ancienne militante qui poursuit des études de droit en parallèle. En fait, plus je disais non, plus il disait à tout le monde que je n'étais pas digne de confiance.» Du coup, Marie est lâchée par la direction, qui semble se ranger à l'avis de TMB sur sa personnalité. Elle alerte plusieurs responsables nationaux, expliquant que le futur patron du MJS est «dangereux pour les femmes et pour l'organisation». Mais en novembre 2011, Thierry Marchal-Beck est intronisé. «Et là, mon ascension dans le mouvement s'arrête net», se souvient Marie. Ni proposition ni promotion : plus rien jusqu'au départ de TMB, en 2013. Marquée, la jeune femme part étudier à l'étranger. A son retour, elle quitte le MJS et s'installe en province."

"Une après-midi, fin 2011, juste après l'élection de TMB à la présidence du MJS, Diane, responsable fédérale en province et membre du bureau national, fait le point avec le président dans son bureau, situé sous les combles à Solférino. Pendant qu'il lui parle, d'un ton égal, Thierry Marchal-Beck ferme la porte subrepticement derrière elle et enlève sa ceinture, raconte-t-elle. «Sa voix n'a pas changé pendant qu'il faisait ça», témoigne aujourd'hui la jeune femme. Tout se passe très vite : «un quart ou une demi-seconde» plus tard, TMB a ouvert sa braguette. «Il prend ma tête, l'approche de son sexe pour m'obliger à lui faire une fellation. Je le repousse très fort, je l'insulte et je pars en courant.» Quelques jours après la scène, ils se recroisent et TMB «fait comme si de rien n'était», se souvient-elle, claquant même la bise à sa camarade. «Et après, comme d'habitude, il monte à la tribune pour dire combien il faut protéger les femmes parce qu'il est un grand féministe. C'était surréaliste», estime Diane six ans plus tard."

https://www.liberation.fr/france/2017/11/14/harcelement-sexuel-au-mjs-j-ai-du-le-masturber-pour-m-en-debarrasser_1610103/

"Le Parti socialiste demande "des suites judiciaires" au lendemain des révélations d'accusations d'agressions sexuelles contre un ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) de 2011 à 2013."
https://www.franceinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/agressions-sexuelles-chez-les-jeunes-socialistes-ca-me-glace-ca-me-stupefie-confie-laura-slimani-ex-presidente-du-mjs_2469562.html

L’ancien président du Mouvement des jeunes socialistes, Thierry Marchal-Beck, est accusé de harcèlement et d’agressions sexuelles par huit femmes. Son exclusion du Parti socialiste est demandée par Rita Maalouf, secrétaire nationale du parti en charge des droits des femmes. Le Parti socialiste a réclamé ce mardi soir des « suites judiciaires ».

https://www.ouest-france.fr/faits-divers/harcelement/huit-femmes-accusent-un-ex-president-du-mjs-d-agressions-sexuelles-5377680

"Je suis féministe car l'égalité est au cœur du combat socialiste". Ben voyons. Ce propos pourrait prêter à sourire s'il n'avait aujourd'hui un goût amer, nauséabond. Tenus la main sur le cœur lors de nombreux meetings, ils sont l'œuvre de Thierry Marchal-Beck, 32 ans, ex-président des Jeunes socialistes, ancien collaborateur de Benoit Hamon – au ministère de l'éducation nationale puis dans l'équipe de campagne en 2017 -."
https://www.femmeactuelle.fr/actu/news-actu/agressions-sexuelles-jeunes-socialistes-44939